On ne présente plus Yumiko Igarashi tant ses titres à succès sont nombreux. Née en 1950, elle est l’une des instigatrices du courant shôjo. Parmi ses valeurs fortes, nous comptons Georgie ou bien encore Candy Candy, dont elle a d’ailleurs reçu le prix du manga par la Kodansha en 1977. Touchant réellement à tous les styles, elle est capable de dessiner des mangas sexy comme ce fut le cas pour L'île des brassières, en collaboration avec Mann Izawa (scénariste de Georgie). Ce titre narre l'histoire d'un jeune garçon reprenant l'usine de soutiens-gorge de son oncle. Depuis quelque temps, elle dessine beaucoup sur le support du web et pour le compte d’éditeurs indépendants. Invitée d’honneur à Japan Expo 2011, elle nous livre quelques informations sur le devenir de sa série culte et ses projets en cours via la conférence publique prévue à cet effet.
Yumiko Igarashi, votre travail sur Candy s’est-il effectué selon son imaginaire ou à l’aide de documents et d’images divers ?
Je me suis énormément basée sur les romans américains de jeunes filles de l’époque.
Dans les années 70, les codes du shôjo apparaissent très nettement comme nous les connaissons aujourd’hui, à savoir des personnages aux grands yeux ou des occidentaux très typés. Considérez-vous avoir participé au lancement de ces codes, ou avez-vous été inspirée par des travaux antérieurs ?
J’étais énormément influencée par mes auteurs préférés tels Osamu Tezuka, et c’est vrai que ses personnages féminins avaient de très grands yeux.
Quels titres en particulier vous ont influencé ?
Astro Boy et Princesse Saphir.
Pense
z-vous que nous pourrons avoir prochainement le manga Candy Candy en France dans une édition correcte puisque la dernière et seule en date remonte à 1993 (en neuf volumes) ?
Bien sûr.
Nous entendons souvent qu’un conflit existe entre vous et la scénariste Kyoko Mizuki. Ces conflits sont-ils en cours de résolution ? Et quand pourrons-nous profiter de Candy en DVD ?
Beaucoup de personnes pensent que ce problème entre la scénariste et moi empêche la sortie des DVD ou des mangas. Mais en réalité, c’est un problème sur la loi au niveau des droits d'auteur au Japon qui empêche la sortie des œuvres. Ce n’est pas une chamaillerie qui cause cet empêchement d’édition, mais les droits d’auteur japonais, qui interdisent la diffusion future de ces œuvres. J’espère et je crois vraiment que ces œuvres pourront être rééditées et rediffusées en France en tout cas.
Avez-vous participé activement à l’adaptation de vos séries en anime de Candy et Georgie et les avez-vous appréciées ?
J’ai participé à la création des animés vers le début de la diffusion, pour dessiner chaque personnage, leurs différences de taille, et aussi les visages et expressions, Candy vue de derrière ou sur les côtés, etc. Tous ces dessins, je les ai donnés au studio d'animation. Dès le départ, je savais très bien que le manga et l’animé étaient deux choses complètement différentes. Je ne m’attendais pas spécialement à voir des choses identiques, mais je suis très heureuse de voir les animés avec ses musiques, ses voix, et ses dessins en mouvement. Je suis très émue en les voyant.
Dans le monde occidental, qu'est-ce qui vous a attiré pour dessiner les univers de Candy et Georgie ?
Si je dessine une histoire se déroulant au Japon, certaines choses posent problème, comme les vacances d'été, pourquoi le personnage ne va pas à l'école, normalement l’héroïne devrait être en troisième trimestre ou avoir le même âge que moi, etc. Si les lecteurs se posent des questions, ce n’est pas très bien pour l’éducation des enfants. C’est vrai qu’il y avait des restrictions, mais si la scène se passe dans une autre époque à l’étranger, il y a plus de libertés pour romancer l’histoire. Les personnages ne sont pas obligés d’aller à l’école et peuvent vivre plus librement. Dès lors, cela devient une fiction et ça me permet d’être plus libre dans ma création. Suite à la lecture de Candy Candy étant petites, beaucoup de personnes sont devenues infirmières après cela.
Quels sont vos projets futurs ?
A partir de septembre, je commence une nouvelle série en manga. Et pour la première fois avant même son apparition au Japon, je vais vous présenter le nouveau personnage en live. Vous serez donc les premiers à le découvrir.
Réfléchissez-vous à une suite de Candy, comme la série s’achève bien ?
La série commence quand elle est en primaire (6 ans) et jusqu'à l’âge de 16 ans (ndlr : en réalité 18 ans). Et les lecteurs de Candy avoisinent les 14-15 ans. Aujourd'hui, si l’on écrivait une suite, ce serait Candy adulte. Quels enfants suivraient l’histoire d’une héroïne adulte ?



